Vous cherchez « un tapis élévateur ». Votre fournisseur vous envoie un devis pour « une sauterelle ». Un autre propose « un convoyeur mobile inclinable ». Un troisième parle de « transporteur à bande ».
Bonne nouvelle : la plupart du temps, ces quatre-là parlent du même engin. Mauvaise nouvelle : le reste du temps, non. Et c'est précisément là que se joue la différence entre une machine qui fait le travail et une machine qui prend la poussière au fond de l'atelier.
Sauterelle et tapis élévateur, c'est la même chose
Aucune norme, aucun texte technique ne distingue les deux. Ce sont deux noms commerciaux pour une seule et même machine, et les distributeurs les emploient parfois dans la même phrase : sur les catalogues en ligne, une page intitulée « Tapis élévateur agricole » porte couramment le sur-titre « Tapis sauterelle agricole ».
Ne cherchez donc pas la différence entre les deux mots. Cherchez ce que la machine sait faire.
Une sauterelle, c'est deux choses. Elle roule : roues pneumatiques et timon d'attelage, on la déplace d'un quai à l'autre derrière un véhicule. Elle s'incline en service : deux vérins hydrauliques font varier l'angle et la hauteur de déversement pendant qu'elle travaille, là où un convoyeur fixe a une pente figée au montage.
Voilà la vraie ligne de partage : mobile et inclinable d'un côté, fixe et figé de l'autre. Le reste est affaire de catalogue : consultez nos convoyeurs d'occasion.
Trois familles n'ont, elles, rien à voir :
- Convoyeur télescopique : ne roule pas, se déploie depuis un quai jusqu'au fond d'un camion ou d'un conteneur.
- Convoyeur élévateur en Z : machine fixe d'atelier qui monte à la verticale.
- Élévateur à godets (côté grain) : monte sur plusieurs dizaines de mètres avec une emprise au sol minimale.
Comparatif par famille de matériel
Toutes les valeurs ci-dessous sont constatées : catalogues constructeurs, prix affichés, transactions réelles. Quand une donnée n'est publiée nulle part, nous l'indiquons plutôt que de l'estimer. Ce secteur fonctionne largement au devis. Pour du stock immédiat, parcourez la catégorie Convoyeurs sur Smart Reuse.
Sauterelle / tapis élévateur
- Charge : vrac, gravats, céréales, sacs de 25 à 100 kg
- Débit / cadence : 60 à 600 t/h · bande 30 à 120 m/min · longueur 5 à 30 m · hauteur jusqu'à 10 m
- Mobilité : roues et timon, tractable, inclinaison hydraulique
- Prix neuf HT : environ 8 500 € pour un 4 à 9 m (bande 650 mm) ; le reste au devis
- Prix occasion HT : 950 à 15 600 €
Convoyeur à bande d'atelier
- Charge : cartons, bacs, charges isolées
- Débit / cadence : environ 10 m/min · 20 à 50 kg/m · longueur 1 à 4 m
- Mobilité : fixe ou 4 roulettes pivotantes
- Prix neuf HT : 2 015 à 7 029 €
- Prix occasion HT : 500 à 4 930 €
Convoyeur à bande industriel
- Charge : vrac, poudres, céréales, agroalimentaire
- Débit / cadence : 5 à 650 m³/h · 40 à 300 t/h en céréales · bande 300 à 2 200 mm
- Mobilité : fixe, ancré
- Prix neuf HT : devis. Repère kit céréales 40 t/h, 10 à 30 m : 6 400 à 11 120 €
- Prix occasion HT : 500 à 27 600 €
Convoyeur télescopique
- Charge : colis non palettisés, camions et conteneurs
- Débit / cadence : 2 000 colis/h en semi-auto · 5 000 en automatique · extension 5 à 22 m
- Mobilité : fixe à quai, se déploie
- Prix neuf HT : non publié (Caljan, Joloda, Sovex, UVOTEC : tous au devis)
- Prix occasion HT : 1 899 à 18 900 €
Convoyeur à rouleaux ou à bande extensible
- Rouleaux extensible : cartons / bacs à fond plat ; 2,5 à 7,5 m ; neuf 1 805 à 5 479 € HT ; occasion non trouvée
- Bande extensible : colis, sacs ; 5 à 18 m ; prix neufs et occasion rarement publiés
Deux constats. L'écart neuf / occasion est brutal sur les grosses machines : un télescopique Caljan de 1998 part à 4 950 €, un Budde 2022 (12 m) à 18 900 €, face à un neuf chiffré en dizaines de milliers d'euros. Le petit matériel d'atelier se vend au catalogue : un motorisé peut coûter le même prix en 1 m, 2 m ou 2,5 m, parce que c'est le moteur qui coûte, pas le métal.
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La pente décide de tout
Une bande, ça glisse. Pas la bande : le produit posé dessus. Le seuil de glissement dépend beaucoup plus de ce que vous transportez que de la machine que vous achetez.
Angles max selon le type de bande
- Lisse caoutchouc : 22°
- Lisse, vrac sec : 18 à 20°
- Rugueuse (rough top) : 25 à 30°
- Chevron 16 mm : 20 à 25°
- Haut chevron / tasseaux : environ 30°
- Tasseaux profilés : jusqu'à 70°
- Bords ondulés : jusqu'à 90°
Angles max selon le produit
- Plastique lisse : 12°
- Matériaux humides : 10 à 15°
- Charbon bitumineux : 15 à 20°
- Terre sèche, gravier : 18 à 22°
- Cartons : 20°
- Ciment, poudres légères : environ 20°
- Sable humide (chevrons) : jusqu'à 40°
Le piège classique : confondre angle de talus et angle de convoyage. Les cendres volantes s'empilent naturellement à 42°, elles ne se convoient qu'à 20 ou 22°. Ce n'est pas parce qu'un tas tient tout seul qu'il monte sur une bande.
Pour les colis et les sacs, une méthode empirique : tracez une verticale par le centre de gravité de l'objet et vérifiez qu'elle tombe dans le tiers inférieur de sa base, en gardant de la marge pour les accélérations au démarrage.
Ces valeurs restent des repères de dimensionnement, pas des garanties. Sur un produit atypique, faites un essai.
Côté industrie : quel matériel pour quel flux
- Colis non palettisés en volume : convoyeur télescopique. Rien d'autre ne fait le travail aussi vite, et le ticket d'entrée en occasion est souvent bas. Voir le stock convoyeurs.
- Vrac ou sacs, en extérieur, sans quai : sauterelle. C'est le seul matériel qui va chercher la marchandise, se règle en hauteur et repart derrière une camionnette.
- Palettes : ni l'un ni l'autre. Chariot élévateur, transpalette ou quai niveleur.
- Alimentation de poste : convoyeur d'atelier de 1 à 4 m. Vérifiez d'abord la charge linéique (20 à 50 kg/m) : c'est elle qui déclasse une machine, pas la longueur.
Deux contraintes à traiter avant les prix. En agroalimentaire, exigez la bande caoutchouc alimentaire avec certificat d'alimentarité et une structure inox. En ATEX, la certification porte sur le convoyeur complet, pas sur la bande seule (composant). Une bande conforme montée sur une machine non certifiée ne vous met pas en règle. Poussières de céréales, charbon, biomasse ou engrais : zones 20, 21 ou 22.
Côté agricole : la casse du grain change le classement
Ici vous ne cherchez pas seulement à déplacer une matière : vous cherchez à ne pas l'abîmer. Un grain cassé se vend moins cher, germe moins bien, et produit des fines qui bouchent tout.
L'étude de référence (Misra et al., Applied Engineering in Agriculture, 1991) compare plusieurs matériels sur du soja semence. Ordre de dégâts sur tégument :
- Vis à spire acier : 10,8 % (brisures +0,56 %)
- Vis à goulotte caoutchouc / transport pneumatique : 10,1 %
- Brosses nylon : 9,22 %
- Transporteur à palettes : 8,03 %
- Convoyeur à bande : 7,88 % (brisures négligeables)
Vis et pneumatique font aussi perdre environ 2,5 % de germination. Bande, brosses et palettes : rien de statistiquement significatif. Ces mesures portent sur du soja semence : le classement se vérifie ailleurs, mais méfiez-vous de quiconque annonce un taux de casse chiffré blé ou maïs par matériel. Cette donnée n'a jamais été publiée.
Trois règles réduisent la casse : faire tourner plein plutôt que vite ; limiter les hauteurs de chute à moins de 12 m ; surveiller l'usure des vis (une spire usée devient tranchante).
Ordres de grandeur de débit (vis à grain, base blé PS 0,75) : Ø100 mm de 4 à 12 t/h selon l'inclinaison ; Ø200 renforcée de 27 à 51 t/h ; Ø300 renforcée de 68 à 130 t/h. Comptez environ 15 % de débit en moins hors blé, jusqu'à 40 % avec du maïs humide.
Une sauterelle à grain fait 60 à 300 t/h sur 6 à 30 m. Un élévateur à godets fait 15 à 300 t/h pour 2 à 2,5 fois moins de puissance qu'une vis de débit équivalent. Le convoyeur à bande est encore plus sobre. Le pneumatique consomme environ quatre fois plus qu'une vis sous tube.
Repères de prix (septembre 2026, HT) : vis neuves dès 729 € ; élévateur à godets 15 t/h de 3 879 à 5 484 € ; kit convoyeur 40 t/h de 6 400 à 11 120 € ; sauterelle 4 à 9 m autour de 8 500 €. En occasion : sauterelles 950 à 14 000 €, vis Westfield / Brandt de l'ordre de 5 000 à 6 750 €, élévateur Denis 14 m autour de 2 500 €.
Côté pente agricole : bande lisse 18 à 20°, chevrons jusqu'à 30°. Le grain sec glisse sur une paroi à 30°, il faut 45° s'il est humide.
Louer ou acheter
Le convoyeur 3 m est le seul matériel réellement tarifé publiquement en France (bande 35 à 40 cm, 230 V, 50 t/h, pente max 40° environ). Location observée : environ 77 à 110 € HT / jour selon loueur et durée (Loxam, Dumatos, Pacamat), hors assurance (10 à 12 %), franchise, caution et transport.
Au-delà de 3 m, quasi aucun prix public : sauterelles, 4,5 et 6 m, télescopiques, 100 % au devis. Côté agricole, la location documentée est un désert (peu d'annonces, rien dans les barèmes CUMA consultés sur cette famille).
Notre position : les deux
Smart Reuse vend du matériel reconditionné et en loue également. Nous n'avons aucun intérêt à pousser l'un plutôt que l'autre.
Sur le seul segment où location et occasion sont publiques : une location autour de 90 € HT / jour (plus assurance, soit ~100 € effectifs, transport en sus) face à un convoyeur d'occasion équivalent autour de 1 395 € HT en très bon état (certains plus petits vers 500 €).
- Moins de 10 jours / an : louez.
- Entre 10 et 15 jours : le coût de transport tranche.
- Plus de 15 jours / an, ou multi-sites : achetez.
Troisième voie : louer d'abord, acheter ensuite, avec déduction des loyers versés. Utile quand le besoin n'est pas encore durable. Parlez-nous du contexte plutôt que du matériel.
Pourquoi le reconditionné fonctionne particulièrement bien ici
Le convoyage est du mécanique lent : une bande tourne à 1 ou 2 m/s. Pas d'électronique embarquée complexe, pas de logiciel propriétaire. Un châssis sain reste un châssis sain. Ce qui s'use se remplace (bande, rouleaux, roulements, motoréducteur, vérins). Ce qui ne se remplace pas, le châssis et sa géométrie, se contrôle à l'œil et au mètre.
Cinq points à vérifier sur un convoyeur d'occasion :
- bande (coupures, délaminage, chevrons arrachés) ;
- motoréducteur à vide et en charge ;
- rouleaux porteurs (un rouleau bloqué use la bande en diagonale) ;
- géométrie du châssis (vrillé = dérive permanente, souvent irréparable économiquement) ;
- sur une sauterelle : vérins et circuit hydraulique.
C'est ce que Smart Reuse contrôle en atelier avant remise en vente, avec compte-rendu (pièces remplacées, références, valeurs mesurées).
Exigez aussi le certificat de conformité d'équipement de travail d'occasion (article R.4313-14 du Code du travail ; modèle fixé par l'arrêté du 22 octobre 2009). Un convoyeur est une machine au sens de l'article R.4311-4. Votre vendeur doit vous le remettre. S'il découvre le document quand vous le demandez, vous savez ce que vaut sa fiche produit.
Les six questions avant de commander
- Quelle est la pente réelle du trajet ? Mesurez-la. Douze degrés de plus et vous changez de gamme.
- Que transportez-vous exactement ? Pas « des colis » : des cartons de 12 kg, ou du plastique thermoformé qui glisse.
- Combien de kilos par mètre linéaire ? De 20 à 100 kg/m selon les machines.
- Combien de jours par an ? Sous 10, louez. Au-delà de 15, achetez.
- Faut-il que ça bouge ? Roulettes, roues et timon, ou ancré : souvent quelques milliers d'euros d'écart.
- Y a-t-il une contrainte réglementaire ? ATEX, agroalimentaire, poussières combustibles : traitez-la en premier.
Un projet en cours ? Parcourez nos convoyeurs d'occasion (sauterelles, bandes, rouleaux) ou contactez-nous : dites-nous combien de jours par an vous en aurez besoin, nous vous proposerons location, reconditionné, ou l'un puis l'autre.
Prix relevés en septembre 2026, hors taxes. Demandez toujours un devis actualisé. Sources principales : catalogues constructeurs et distributeurs (SAUTEC, Techni-Contact, Manutan, Caljan, Joloda, DENIS, Agripartner…), glossaires bandes (Tecnitude, Fenner Dunlop, esbelt), étude Misra et al. 1991, annonces occasion (Machineseeker, Agriaffaires), tarifs location (Loxam, Dumatos, Pacamat).

